Masques TATUANA

Masques Tatuana, Nouvelle-Irlande, Mélanésie

Situé à l’est de la Papouasie Nouvelle Guinée (et y appartenant depuis 1977), la Nouvelle Irlande fut découverte aux alentours du XVIIe siècle (fin du XVIe-Début XVIIe).

Elle s’étend sur 6000 km² et comprend les îles de Lavongaï ainsi que celles du groupe Saint-Matthias. Le territoire compte aujourd’hui environ 50 000 habitants, et il est bordé d’îles coralliennes comme les Tabar. Elles sont importantes en ce sens qu’elles sont le foyer de l’art Malaggan, dont sont issus les masques Tatanua.

Les Malaggan sont des cérémonies funéraires dont l’importance est capitale pour les Néo-irlandais. Caractéristiques du nord-ouest de l’île, elles sont organisées suite au décès d’un notable (généralement un homme), et rythment la vie politique, sociale et juridique des néo-irlandais. Réunissant les membres de plusieurs villages, elles sont l’occasion de débattre des différents juridiques, de négociations et de jeux politiques. Le deuil, très stricte pour les familles, peut se prolonger des années durant. Il ne prend fin qu’avec l’organisation d’une cérémonie comprenant banquet, spectacle, et l’exposition aux yeux de tous d’une oeuvre sculptée, réalisée spécialement pour cette occasion. L’organisation de cette cérémonie est coûteuse. Elle fait intervenir un sculpteur (qui peut venir de très loin selon sa réputation), requiert la participation de tous les invités, et ainsi possède un rôle majeur dans l’organisation économique de la région. Le mot Malaggan est indifféremment utilisé pour définir la cérémonie et l’art qui en découle, désignant des sculptures sur bois.

Les masques Tatanuas interviennent durant cette cérémonie. L’art Malaggan comporte deux catégories d’objets : les objets d’apparat, mis au rebut après chaque cérémonie et sculptés de nouveau, de mémoire, à chaque évènement, et les objets destinés aux spectacles, qui eux sont conservés et réutilisés. Les masques Tatanua entrent dans cette dernière catégorie. Ces festivités sont l’occasion de transmettre aux plus jeunes l’initiation nécessaire à leur future pratique cultuelle, ainsi que le système de règles et de droits de propriété auquel ils auront à faire face.

 

Bibliographie :
- « L’art Océanien », A. L. KAEPPLER, Christian KAUFMANN, Douglas NEWTON, Ed. Citadelles & Mazenod, 1993
- « Arts des mers du sud », Collectif, sous la direction de D. Newton, Collections du Musée Barbier-Mueller, 1998
- « Océanie », Jean Guiard, Ed. Gallimard, Collection Univers des Formes, 1963
- « Art of Oceania », Catalogue descriptif du Musée Rietberg, Zurich, Alfred Bühler, 1969

Recherche et synthèse effectuées par Maxime Gianton

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