Arts de l'Insulinde

Arts de l'Insulinde

L’archipel indonésien, long de près de 5000 km auquel s’ajoute le Nord de Bornéo, la péninsule malaise (Malaisie) et les Philippines, compte près de 25.000 îles et îlots, seulement environ dix mille sont habités.

Il s’agit de l’aire insulaire la plus importante de notre planète. A l’Est, elle se termine par la grande île de la Nouvelle Guinée. L’archipel montre une gradation culturelle entre les populations de langue austronésienne, venues de Chine du Sud-Est et de Taiwan, il y a environ quatre à cinq mille ans, et les locuteurs de langues papoues, qui les avaient précédées dans la région. Il faut encore mentionner les populations des hautes terres du centre Vietnam, les « montagnards », les Naga des confins indo-birmans, et les habitants des îles Nicobar, auxquels s’ajoutent plus à l’Ouest, ceux de Madagascar, qui se rattachent à cette vaste aire.

Avec les apports venus de l’Inde, (hindouisme, bouddhisme, écriture…) de la Chine et du Moyen-orient depuis plus de deux millénaires, la région montre une très grande diversité culturelle ainsi qu’une différenciation entre sociétés tribales (Batak, Dayak, Jörai, Toraja,  Ifugao…) et royaumes ou principautés (Java, Bali, Sumatra…).

Parmi les oeuvres caractéristiques de la région, la statuaire en bois et pierre, les masques, le travail du métal (armes blanches) et la gravure sur bois ou ivoire, les textiles ainsi les ornements d’or et d’argent, souvent sertis de pierres, sont les plus connus.

Aujourd’hui, suite aux efforts accomplis par Jean-Paul Barbier pour faire découvrir l’art de l’Insulinde dès le milieu des années 1970 (Musée Barbier Müller), et l’ouverture du musée du quai Branly à Paris en 2006, les pièces originaires de cette aire sont recherchées du public français. On peut ajouter que par rapport à des objets d’art africain ou océanien de même catégorie, ils demeurent encore très abordables.

Les collectes des années 1920 à 1980 en Insulinde ont rapportées des pièces anciennes de haute qualité, à côté d’objets plus récents, mais qui présentent tous une valeur esthétique indéniable. En Europe, de nombreuses collections particulières, constituées dès le début du XXème siècle, recèlent des chefs-d’oeuvres de l’Insulinde. 


Antonio GUERREIRO


Chercheur IRSEA/IrAsia (CNRS-Université de Provence, Marseille) ;
Secrétaire-général de la Société des Etudes euro-asiatiques, musée du quai Branly, Paris.
Membre de l’ICOM-France (Unesco, Paris)

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