Art des aborigènes d'Australie

Art des Aborigène d'Australie

Les premières peintures ont été réalisées il y a plus de 50 000 ans avec la représentation de Wandjinas (les esprits de la pluie) dans les grottes du Kimberley dans le nord-ouest de l’Australie.

L’art aborigène australien est l’un des plus anciens sur terre. Depuis, de générations en générations les aborigènes australiens se sont transmis par chants, danses et peintures l’histoire de leurs ancêtres. Lors de cérémonies (corroborees) ils réalisaient sur leur corps, sur le sol et sur les objets cérémoniels les dessins liés aux histoires sacrées de leurs ancêtres qu’ils transmettaient à leurs descendants initiés lors de ces cérémonies. Certains colons au 19ème siècle  ont collecté une partie de ces objets cérémoniels (churingas, bâtons de cérémonie, boomerangs sculptés et peints…) ainsi que les armes servant à chasser ou combattre (lances, flèches, propulseurs de lance, boucliers, boomerangs : return, killer ou seven)qui se retrouvent maintenant dans les musées et dans les grandes collections privées d’art primitifs .Les plus vieilles peintures sur écorce d’eucalyptus ont été récoltées en 1890 et se trouvent au musée de Sydney.

Au 20ème  siècle, les objets cérémoniels, de chasse et de combats ont continué à être réalisés par les aborigènes australiens mais sont apparus également bons nombres de pièces faites pour touristes provenant  des missions où les enfants des générations volées étaient placés et travaillaient (les enfants issus d’un couple mixte aborigène australien et non aborigène étaient enlevés par les autorités et placés dans les missions pour être « éduqués » et assimilés).

Parallèlement un mouvement de peinture aquarellé est né fin des années 30 avec le maître Albert Namatjira dans la mission d’ Hermannsburg à l’ouest d’Alice Springs. Ce mouvement est toujours très vivace avec ses descendants. Ces peintures représentent les paysages de la région d’Alice Springs et d’Hermannsburg (Mount Sonder, Mount Corner, Ayers Rocks, les montagnes MacDonnell…).

Ce n’est qu’en 1971 qu’est né le mouvement de la peinture acrylique du désert central (Western Desert)  à Papunya sous l’impulsion de l’instituteur Geoffrey Bardon  qui apprit la peinture aux enfants et aux adultes du village. Les premières réalisations ont été faites sur les murs et portes de l’école de Papunya. Ensuite les peintres ont réalisé des motifs sur des planches de bois ( masonite board- composition board) avant que les toiles soient introduites fin 1972 et début 1973, d’abord avec des toiles en coton (cotton duck : toiles d’assez mauvaises qualité) puis sur du lin belge ( belgium linen).

Les grands maîtres sont Clifford Possum Tjapaltjarri, Tim Leura, Johnny Warangkula, Kaapa Tjampitjimpa .Parallèlement s’est créé également le mouvement de la peinture à l’ocre sur toile dans le Kimberley avec Rover Thomas comme chef de file pour les hommes et Queenie MCKenzie pour les femmes. Afin de réguler ces mouvements de peintures les premières communautés d’artistes furent créées, la plus connue est celle de Papunya Tula.

Ces communautés sont gérées par les aborigènes australiens et sont une source importante de revenus pour eux. Les premières galeries indépendantes apparurent dans les années 70 principalement à Alice Springs, Melbourne et Sydney avant de se développer dans tout le pays. La première exposition hors Australie a eu lieu au Canada de décembre 74 à décembre 76 dans 12 musées présentée par la société Rothmans et sous l’autorité de l’ »Aboriginal Arts Board ». Un musée a été créé à Utrecht en mars 2001 l’ »Aboriginal Art Museum » (www.aamu.nl).

Les premières ventes aux enchères ont été réalisées en 1995 par Sotheby’s en Australie et la même année à St Germain en Laye par les commissaires-priseurs de St Germain en Laye avec la dispersion d’une partie de la collection de Karel Kupka et de Mario Prassinos. Depuis de nombreuses maisons de ventes en Australie et en Europe (principalement en France) organisent des ventes avec objets cérémoniels, de chasse et de combats, peintures à l’ocre sur écorce d’eucalyptus, peintures aquarellées, peintures à l’ocre sur toile ou à l’acrylique. Le record du monde pour une pièce en art aborigène australien est détenu par le peintre Clifford Possum Tjapaltjarri en 2008 chez Sotheby’s Australie avec une peinture vendue pour deux millions et demi de dollars australiens sachant que cette peinture aurait pu faire un prix bien supérieur. La peinture ne pouvait pas sortir d’Australie. Les peintres forts cotés sont également Johnny Warangkula qui a détenu le record du monde avant Clifford Possum, Rover Thomas et Emily Kame Kngwarreye

Durant cette vente nous allons vous proposer une sélection de 6 toiles des deux  filles de Clifford Possum Tjapaltjarri pour célébrer l’anniversaire des dix ans de la mort de ce grand artiste aborigène australien.

Suivront 20 lots de la collection particulière d’un grand amateur parisien de toiles et d’objets liés à la culture aborigène australienne avec plusieurs rares pièces dont une peinture sur « masonite board : composition board » rarissime en Europe et plusieurs totems funéraires de grande qualité. Nous terminerons avec des lots provenant de collections de différents amateurs européens.


Marc JALLON

Consultant spécialiste des aborigènes d'Australie

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