Masques Mexicains

Masques du folklore populaire mexicain

Les masques constituent un des traits culturels majeurs du Mexique folklorique. Associés à des danses qui durent toute la journée, ils sont le point fort de fêtes villageoises à caractères religieux ou profane.

Les origines de ces danses colorées et souvent humoristiques remontent à l’époque préhispanique : les religieux espagnols tels que Bernardino de Sahagún (vers 1500 – 1590), Diego de Durán (vers 1537 – 1588) ou Diego de Landa (1524 – 1579) insistèrent sur l’importance des masques dans les rituels aztèques et mayas. Les missionnaires dominicains et franciscains luttèrent contre l’idolâtrie des Indiens du Mexique en ajoutant une dimension chrétienne aux danses masquées.

Les sculpteurs de masques sont des artisans très respectés. En général ils gardent leurs meilleurs masques comme modèles. Ils sont suspendus aux chevrons de l’atelier. Chaque masque est réalisé pour être porté, ils servent de nombreuses fois, la face interne montre d’importantes traces d’usures et la face externe de multiples couches de peinture « maison ».

Les danses se déroulent comme un ballet présentant plusieurs tableaux. Le spectacle comme très tôt le matin et dure tout le jour, les gens se rassemblent sur la place, les enfants et les chiens taquinant les danseurs. Les danseurs échangent les rôles et les musiciens marquent le rythme sur de grands tambours de peaux interprétant la mélodie avec flûtes et sifflets. Ce devait être similaire à l’époque précolombienne.

Comme de nombreux arts populaires, l’art de la danse masquée tend à disparaître, victime de la mondialisation. L’aspect esthétique des masques à été modifié pour plaire aux touristes et s’ajuster à leurs goûts.

LES MASQUES DE L’ETAT DE VERACRUZ
L’état du Veracruz, point d’arrivée de la conquête espagnole, voit encore aujourd’hui de nombreuses familles porter le nom de célèbres conquistadors. En plus de l’influence espagnole, il y a une composante africaine dans de nombreuses danses, des esclaves africains ayant migré depuis Cuba et les îles proches. Le carnaval, enrichi par les parades et processions masquées est un événement majeur dans les villes du Veracruz.
La danse de Juanegro / 141, 142
Il s’agit d’une danse huaxtèque effectuée par les Indiens Otomi du nord de l’Etat de Veracruz. Nommée coatl-negro en nahuatl (serpent-noir), elle narre un conflit qui oppose un propriétaire terrien espagnol et son rival noir au sujet d’une femme. Cette histoire insiste sur l’injustice qui favorise les puissants au détriment des gens du peuple. Un couple de danseurs joue le rôle des deux protagonistes. L’un porte un masque de couleur blanche, l’autre de couleur noire. Ces masques de petites tailles s’attachent avec des foulards colorés.
La danse des Toritos / 143, 144
Selon la tradition, les origines de cette danse seraient à chercher du côté des croyances et des rites chamaniques préhispaniques. A partir du XVIème siècle, la figure du Chamane a été remplacée peu à peu par celle du taureau. Les Indiens du Mexique ont été fascinés par la puissance de cet animal inconnu en Amérique avant l’arrivée des Espagnols. Il est à noter que les cornes du taureau sont celles du diable européen.
Les Masques de carnaval / 145, 146, 147
El Diablo/ 145
Venant de Naolinco, Veracruz, il représente le diable européen
Los Aztecas/ 146
Les heaumes en forme d’aigle ou de jaguar sont des représentations récurrentes dans l’art précolombien, ils sont portés lors du jeu de balle. Ces masques se retrouvent dans la vallée Mixtèque de Oaxaca et dans les villages du Michoacan.
El Negrito/ 147
Souvent relié à l’ancienne divinité de la pluie Tlaloc, Il représente un personnage plutôt festif dont la danse évoque la joie.

LES MASQUES DE L’ETAT DE MICHOACAN
Los Viejitos / 148
C’est l’une des danses les plus connues, paradoxalement, le danseur qui porte ce masque aux traits de vieillard est généralement jeune et athlétique.

LES MASQUES DE L’ETAT DE GUERRERO
Los Archireos / 149, 150, 151, 152, 153
Cette danse du village de Pueblo Viejo est une variante de la danse des Santiagos. Elle raconte une bataille entre les chrétiens et les Maures ou les hérétiques, en fait la conquête du Mexique par les Espagnols. Les masques des danseurs sont presque similaires. Ils sont peints en rouge et blanc. Les joues sont des triangles en papier d’argent ou en aluminium. Les danseurs portent de larges chapeaux en papier attachés aux masques.
Los Diablitos
/ 154, 155, 156
Il s’agit de masques de démons à cornes peints en rouge et bleu selon une division verticale centrale qui rappelle le concept préhispanique de la dualité. A Teloloapan, le moment fort de diverses danses nommées Diablerias est une course entre plusieurs personnages diaboliques dont les masques sont similaires.
Las Viejitas
/ 157, 158, 159, 160, 161
Ces masques qui représentent des jeunes femmes ou des vieillardes ridées sont portés lors d’une danse appelée El Tenoch (le tenochtli désigne en nahuatl le figuier de barbarie). La jeune femme, la Malinche, n’est autre que la maîtresse de Hernán Cortés, Doña Marina. La vieille femme est la mère de la Malinche.
Los Güeros
/ 162, 163, 164, 165, 165bis, 165ter
« Güero » est un terme d’argot mexicain qui désigne une personne au teint pâle. La danse des Güeros est similaire à celle dite des Gachipines du nord du Mexique. Elle consiste à se moquer des comportements humains en les imitant.
La Conquista
/ 166, 167, 168
La danse de la conquête est effectuée par des hommes de la localité de Tenochtli, lesquels portent des masques rouges surdimensionnés. Certains de ces masques présentent des mâchoires articulées, d’autres ont des miroirs incrustés au niveau des yeux pour créer un effet de lumière lorsque le danseur se déplace.

LES MASQUES DE L’ETAT D’OAXACA
Los Negros / 169
Cette danse, dont les origines sont précolombiennes, est effectuée dans les villages mixtèques de l’Oaxaca. Elle a évolué pour dépeindre les persécutions et humiliations infligées aux Noirs et ainsi mieux s’accorder à la réalité sociale des temps modernes.

MASQUES DIVERS
Moros y Cristianos / 170, 171
Représentant maures et chrétiens, les masques colorés en bruns et représentant les maures ont très souvent des traits exagérément sémites, ils sont sculptés selon un réalisme tout à fait européen.
Los Santiagueros / 172
Originaire de la Sierra de Puebla, il représente St James. Il est porté lors de la danse des Santiagueros qui fait partie de l’ensemble des danses qui rassemblent les thèmes de la « Conquête » et « les Maures et les Chrétiens ».
Los Tastoanes / 173
Cette danse serait originaire de l’Etat de Zacatecas. De là, elle aurait gagnée les Etats de Jalisco et de Guerrero. Elle met en scène la revanche des Indiens sur les Espagnols. Tastuan dérive de Tlatoani. Ce terme nahuatl désignait le souverain de la cité à l’époque préhispanique. Il signifie « celui qui parle », autrement dit, celui qui prend des décisions.

Erik Le Bras

Synthèse effectuée d’après les documents transmis par la collectionneuse Marianne HUBER.

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